dimanche 1 avril 2018

L'espace à projet

carnets de dessin avec illustrations de Robin Evennou et Laura Acquaviva


Nos bureaux ont migré à Bastille ! Nous avons cherché pendant plusieurs mois un atelier sur cour pour nous installer plus confortablement au plus près de nos chantiers dans le 11ème arrondissement. Comme un pied de nez à nos ambitions, nous avons terminé notre course dans un charmant appartement typiquement parisien au quatrième étage d’un immeuble légèrement fatigué à deux pas de notre cantine « le Café de l’Industrie » , plus près du ciel que du sol. 

Peut-être notre inconscient fait-il bien les choses ? Mais au final, je crois que nous sommes plus heureuses de travailler dans notre nid perché, moins exposées aux passants et plus en retrait, à l’ombre du génie de la Liberté perché sur sa colonne qui souffle son vent de créativité sur le quartier. Nos bureaux ressemblent ainsi aux lieux de vie informels, personnels et intimistes que nous aimons imaginer pour nos clients et amis de façon confidentielle. Et vouloir nous rencontrer se mérite.

Comme à notre habitude, nous avons restructuré l’espace afin de l’adapter à nos besoins sans le bousculer. 3 mois de travaux plus tard, l’appartement a conservé ses moulures, ses parquets et ses cheminées mais il a gagné en luminosité, en perspective et en fonctionnalité.

L’entrée dans un rouge de la tête aux pieds met en valeur les patères/sculptures noires en bois de Franck Evennou et la suspension de Mategot. La lumière du jour s’infiltre par la verrière et laisse le regard se faufiler dans la pièce suivante.

La cuisine s’habille d’un vert très tendre qui s’harmonise avec le marbre veiné de gris du plan de travail, de la crédence et du sol. Elle s’ouvre sur la pièce principale et n’a rien à cacher, assumant pleinement sa fonction au coeur de l’appartement.  La vaisselle s’amuse à faire des compositions sur les murs, comme autant de tableaux vivants. Le bar permet de délimiter l’espace et offre la possibilité de recevoir clients, fournisseurs et amis autour d’un verre ou d’un repas improvisé sans gêner le travail en cours et sans perte de place.

La pièce principale est plus neutre avec ses murs blancs, son soubassement et son plafond gris. Elle met à notre disposition sa grande table de cantine militaire. Nous profitons de son plateau pour y étaler documents et échantillons  ou recevoir nos clients. Sur le mur, une photo de Marie Pierre Morel comme une fenêtre intérieure sur une rêverie.

La grande verrière installée entre la pièce de réception et la salle des ordinateurs crée de la profondeur et donne une respiration supplémentaire : ordinateurs, bibliothèque avec articles de presse, livres et documentation s’offrent à la vue. Les murs servent de support pour des dessins ou des « mood boards » et mutent au gré des humeurs et des envies.

La dernière pièce se laisse deviner par une porte entre-ouverte. Elle se drape d’une couleur bleu intense pour servir d’écrin au bureau Napoléon III qui me suit de déménagement en déménagement. une banquette pour me reposer lorsque les journées sont trop longues, les tableaux de mes amis aux murs et la cheminée toujours prête à offrir une flambée en font une pièce plus intimiste.

Une petite salle de bain qui se cache dans le fond de l’appartement donne la sensation d’un luxe discret et intemporel avec son tapis de mosaïque de marbre, sa baignoire rétro, et son carrelage métro souligné d’une frise noire.

J’aime à penser que ce lieu nous apporte confort et réconfort, qu’il nourrit notre travail et notre réflexion, qu’il traduit un certain art de vivre et de travailler qui se rapproche de ce que le poète argentin Jorge Luis Borges appelle « une complexité modeste et secrète ».

applique Jielde, suspension wo&wé, chaises Guariche, table de cantine militaire

patères en bois teinté Franck Evennou, suspension Gubi Satellite de Mathieu Mategot


Miroir avec cadre en carton Béatrice Carette



vaisselle Welcome Bio Bazar, crédence en marbre

cuisinière Aga et crédence en marbre



Chaises Tulipe Eero Saarinen, suspensions réalisées par Marie Sapet

bureau Napoléon III avec chaise Singer


baignoire Albion, guéridon en bronze signé Franck Evennou, mosaïque au sol par Nathalie Grangé
photo de René Stoeltie

luminaires Zangrahttps://zangra.com/fr/, radiateur et vasque Design et Bain Lyon

mercredi 7 février 2018

Un immense MERCI à Ian Phillips et 1stdibs pour ce portrait ainsi qu'à toute ma famille professionnelle, mes clients et amis pour leurs témoignages. Vous pouvez retrouver l'article sur   : https://www.1stdibs.com/introspective-magazine/








lundi 30 octobre 2017

chez Jérémy et Julien

Un duplex dans le Marais pour Jérémy et Julien

Vivre entre l’île de la Réunion et Paris nécessite certains aménagements. Jeremy et Julien ont acheté ce pied à terre de 25 m2 pour avoir un refuge parisien lorsqu’ils quittent leur paradis réunionnais.

Comment passer d’une maison dans un jardin tropical à un petit duplex parisien ?  

En faisant le pari de transformer ces 25 m2 en véritable appartement facile à vivre où le peu de m2  ne sont pas un obstacle à une respiration mais au contraire, une façon d’aller à l’essentiel. Jouer avec les volumes et la transparence en cloisonnant tout en laissant circuler à la fois le regard et la lumière, gagner une chambre sous les combles, apporter un soin tout particulier aux moindres détails, donner douceur, charme et atmosphère chaleureuse à ce duplex niché sous les toits du Marais, prouver que « petit » peut être « grand » en lui donnant une dimension inestimable. 

Les différents espaces ont été pensés pour rythmer la vie de tous les jours et profiter pleinement des fenêtres  qui laissent entrer un échantillon de ciel parisien. Le palier se transforme en petite entrée lumineuse et dessert tout à la fois les pièces de vie et les toilettes discrètement à l’écart.  Les invités peuvent se décharger de leurs manteaux dans le placard à proximité de la porte d’entrée, profiter de toute la profondeur de l’appartement grâce au jeu des verrières, et s’installer dans le coin salon autour de la cheminée en devisant avec le cuisinier en chef du jour. La petite salle de bain n’a rien à cacher, elle s’intègre parfaitement à l’ensemble de l’appartement et affiche fièrement sa singularité. La cuisine est ouverte sur l’espace de vie tout en gardant sa propre identité, elle est délimitée par le bar et la verrière et permet d’accueillir jusqu’à 6 convives autour du plan de travail. La chambre/dressing accessible par un charmant petit escalier est à l’écart au 1er étage avec un lit sous les étoiles.

Un pied à terre romantique pour Jérémy et Julien qui a le charme des cabanes urbaines et un goût de l’enfance retrouvée.





















vendredi 21 juillet 2017

Chez Eric et Nathalie


Un pied à terre parisien de 35 m2 pour Eric et Nathalie afin de prendre le pouls de la capitale, de faire le plein en expositions et pièces de théâtre, de profiter des amis et de la famille où tout simplement du temps qui passe.

Un appartement atypique où la fantaisie des angles et de la distribution l’emporte haut la main sur la logique et le rationnel.

C’est probablement cette poésie qui se dégage d’un lieu insoumis aux dictats de l’architecture contemporaine plutôt habituée aux cubes et aux carrés qui m’a guidée dans mes choix esthétiques et dans la réorganisation de l’espace.

Les murs font de la résistance et restent campés sur leur épaisseur mais, sans les brutaliser, nous changeons les règles de vie en nous adaptant aux contraintes :

Le couloir, véritable poumon de l’appartement, se dégage des placards encombrants pour laisser respirer la circulation et s’habille d’un jaune bouton d’or pour mettre en valeur la collection de chapeaux et les photos, souvenirs d’un périple au japon.

La chambre, légèrement en retrait et au calme sur cour, reste fidèle à elle-même, pièce de nuit. Un lit, un bureau d’appoint chiné, une collection de miroirs anciens et des couleurs pour réveiller le tout.

La salle de bain se transforme en dressing attenant à la chambre. Et expose sagement sa collection de boites pour trier et ranger.

La petite cuisine éloignée de l’espace de vie où l’on était comme dans un placard devient une salle de bain confortable et lumineuse à proximité des toilettes. L’esprit reste classique avec des carreaux métro bleu/gris et blanc et des carreaux aux motifs 1900. Douceur et discrétion.

Et surtout la pièce principale, de dimension modeste, bouscule les règles, se fiche des convenances : elle se transforme en grande cuisine spacieuse et en salon. Un plan de travail de 4 m de long qui se moque des kitchenettes habituellement dédiées aux petits espaces et déroule avec insolence son plan de granit sur toute la longueur de la pièce. En partie supérieure un meuble hybride, alternance de casiers et d’étagères, expose les livres, comme la vaisselle ou les objets d’art pour alimenter son statut ambiguë de cuisine/salon. La petite table ronde permet d’y prendre un café, de dîner ou de se poser pour écrire un mot. Le canapé avec son applique de Wo&Wé permet de lire et d’étaler ses jambes sur un pouf ou de recevoir ses amis autour de la table basse. C’est le coeur de l’habitation qui permet tout à la fois de se ressourcer et de se nourrir de rencontres, de lectures, ou de petits plats.

Un pied à terre parisien pour Eric et Nathalie, pensé comme un refuge sensible et métissé.

Vive la mixité et le mélange de genre. L’art de vivre s’invente tous les jours.










Linge de maison de la boutique Caravane, miroirs et meubles chinés, applique industrielle de Wo&Wé, gravures d'Anne-Marie Fiquet, dessins d'arbres de Sourena Parhizkar

vendredi 23 décembre 2016

Chez Bruno et Clémence

Voilà plus de 18 ans que Bruno et Clémence vivaient dans ce bel appartement parisien de 180 m2 sans jamais avoir trouvé le temps de refaire des travaux, ni pour l’adapter aux besoins de la famille qui s’était sérieusement agrandie, ni pour le réajuster à leurs goûts : manque crucial de placards, organisation dans la chambre des enfants à revoir, salle de bain ayant supporté les attaques de plusieurs dégâts des eaux et patine du temps qui s’installe.

Et puis, un jour, l’envie de réveiller le décor, de se faire un peu peur avec des couleurs étranges, de se faire plaisir avec des pièces d’artistes, de s’amuser à laisser les livres envahir les murs, d’ajuster la maison aux envies et aux besoins du moment pour une nouvelle tranche de vie.

Nous n’avons pas vraiment modifié l’appartement mais nous lui avons offert une nouvelle coupe et un habit de caractère.  La spécificité de cet appartement est le reflet des personnalités de Bruno et Clémence : des teintes marquées assez sombres et osées dans certaines pièces et des teintes claires, plus lumineuses dans d'autres. C’est un peu comme si la lune et le soleil se rencontraient. Bruno est un vrai littéraire qui aime s’entourer de ses livres et qui laisse une part belle au fantastique, à l'imaginaire et à l’extravagance, à une pointe de baroque. Les couleurs sombres et profondes lui vont bien. Clémence est plus épurée dans ses choix avec un goût plus prononcé pour le contemporain, le rayon de soleil qui illumine la pièce et le rire des enfants. Les pièces douces en couleur lui conviennent mieux.

Nous avons fait cohabiter dans cet intérieur des sensibilités très différentes qui puisent leur force justement dans l’acceptation et le respect mutuel de la singularité de chacun. 

Les murs racontent des émotions à coup de tableaux, de photos, de collages et de livres qui sortent des parois comme autant de fantômes qui habitent les lieux, et les meubles de famille ne se laissent pas enfermer dans un monde tourné vers le passé : ils côtoient sans tabou les classiques du design, les trouvailles ethniques et les coups de cœur rapportés de voyages pour s’inventer un univers personnel sensible, en dehors des frontières du temps.

Oeuvre de Alexeï Vassiliev de la série "Instants Troublées"


lustre de Lindsay Adelman, miroir en plâtre de Farfelu Farfadet


céramiques Le Sentiment des Choses, photos de Marie Taillefer, appliques Areti 



applique Wo & Wé dans la cuisine

canapé et bout de canapé Caravane ,collages de Lamia Zadié, table basse de Franck Evennou 



la cabane des jumeaux