dimanche 24 août 2014

Clic Clac, souvenirs d'un mois d'août avec Gérald sous le ciel du Cotentin.








"Chaud et froid, sec et mouillé : il y a bien des moments où l'on fait la différence entre l'intérieur et l'extérieur. Mais le reste du temps, le rêve se venge et fait son travail de confusion. On l'aide beaucoup avec tout un dispositif de décoration qui fait pénétrer dans les maisons des éléments du dehors. La lampe de chevet peut être un phare, le tissu peut fleurir, le tableau et la tapisserie introduisent des paysages dans l'intimité, des fenêtres sont signées Manet ou Corot, peu importe que les arbres de la toile de Jouy ne soient pas verts. Le promeneur a pu ramener un galet, un os de seiche, un flotteur, un bois usé et les poser sur la plage d'un buffet.
Parfois le mouvement est inverse, on met dans un jardin un fauteuil qui n'est ni en plastique, ni en rotin. Tapis de hautes herbes, bahuts de pierre, vaisseliers de branches et de feuilles... Le bonheur de rêverie crée un espace où la dimension disparaît comme dans le "musée imaginaire" de Malraux. Les cascades sont des canapés, les hommes des soldats de plomb, les cafetières des châteaux d'eau. On savoure alors la grande compensation. De nos structures mentales et visuelles très limitées, on extrait une infinité de possibles, toutes les métaphores peuvent se nouer, tout devient autre chose"

Michel Besnier 

Texte extrait du très beau livre de Gérald Le Signe et Bruno Alder "La Manche un regard singulier"



Portrait de Gérald le Signe par Franck sur un galet.